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Une étude récente publiée dans Nature Communications fait une focale sur la forêt amazonienne qui, comme d’autres écosystèmes extrêmement importants sur Terre, pourrait s’effondrer beaucoup plus rapidement que les estimations précédentes le prévoyaient.

Le professeur John Dearing de l’Université de Southampton qui a dirigé cette étude nous dit :

« Les messages ici sont austères. Nous devons nous préparer à des changements dans les écosystèmes de notre planète qui sont plus rapides que ce que nous avions envisagé auparavant. »

John Dearing

Même si l’Amazonie était leur exemple principal , ils ont effectué pas moins de douze expériences de modélisation écologique pour essayer de déterminer ce qui se passe lorsqu’une région atteint un «point de basculement».  Ils ont examiné notamment la fertilité des sols, la stabilité des populations de poissons et la disponibilité en eau douce. Les «points de basculement» ont été expliqués comme des changements souvent inattendus provoquant la destruction rapide de systèmes autrefois stables.

Plus un écosystème est grand, plus le risque est élevé

Ce rapport qui s’assoit sur l’étude de 42 cas antérieurs, depuis le blanchissement des récifs coralliens en Jamaïque, la mort de la végétation dans le Sahel, jusqu’à l’effondrement des pêcheries à Terre-Neuve nous alerte sur le fait que plus l’écosystème est grand, plus sa fragilité est grande et les effondrements proportionnellement plus rapides. Pour l’Amazonie par exemple, qui existe depuis 55 millions d’années, cet effondrement pourrait se produire en seulement 50 ans après que le « point de basculement » ait été atteint ! 

Une mise en garde pour le Brésil

Cette étude doit alerter les pays amazoniens et notamment le Brésil. Pour que ces pays évitent l’effondrement de l’écosystème modélisé dans cette étude, il faut renforcer la gouvernance associée et infliger de lourdes amendes aux entreprises contrevenant à l’application des lois existantes relatives aux délits environnementaux. Malheureusement pour le Brésil, Bolsonaro ne semble pas aller dans ce sens.

Nous devons nous attendre à ce que ces changements de régime rapides se produisent sur les échelles de temps «humaines», c’est à dire des années et des décennies, plutôt que sur des siècles et des millénaires y compris sur les écosystèmes les plus grands et les plus emblématiques de la Terre.