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Ce que nous appelons le progrès, c’est cette tempête qui s’offre à nos yeux ?

En juillet 1969, lorsque trois hommes se sont rendus sur la lune, nous pensions avoir atteint le sommet de l’accomplissement humain, le triomphe des sciences modernes et de l’industrie. Nous avons ensuite continué, à un rythme effréné, notre quête de progrès scientifique que nous espérions aussi sociétal. Toujours plus haut, toujours plus fort ! Mais cette course folle nous a poussé peu à peu dans une forme de décadence institutionnelle où les valeurs les plus louables, telles que le partage et la solidarité ont été balayées par l’individualisme et la compétition. À l’ère des technologies surpuissantes qui sont censées apporter des gains de productivité énormes, nous n’avons toujours pas la semaine de travail de 15 heures dont rêvait Keynes ! Ce que l’on appelle le progrès, c’est cette tempête qui s’offre à nos yeux : inégalité croissante, peuples affamés, incendies, inondations, destruction environnementale, misère et maintenant ces virus qui se propagent et terrorisent les foules…

Nous n’allons pas bien !

La dépendance croissante aux opioïdes de nos sociétés modernes ou encore l’expansion de foules haineuses en ligne exprimant leurs frustrations dans les espaces immatériels nous disent depuis déjà longtemps que nous n’allons pas bien et que notre avenir se sclérose. Et ce ne sont pas les politiques qui s’accrochent à leur propre pouvoir qui nous soigneront de nos maux. Nous devons nous l’avouer, nous avons organisé notre propre décadence. Alors qu’autrefois nous osions faire des choses impossibles dans l’espoir d’un avenir meilleur, nous mettons maintenant tout en œuvre pour simplement maintenir un pitoyable statu quo qui ne garantit le bonheur à personne. Pourquoi la décadence s’est-elle produite? Il se peut tout simplement que cela soit le dernier stade de développement sociétal : devenez suffisamment riche et vous deviendrez aussi gros et paresseux que dédaigneux et égocentré ! 

Comment se soigner ?

Plus difficile que le diagnostic est le remède. Nous n’inventons peut-être plus de nouvelles politiques parce qu’il n’en reste plus à inventer. Il se pourrait qu’il ne reste plus qu’à rejouer indéfiniment le même film jusqu’à la fin des temps. Peut-être que nous ne sommes pas du tout décadents mais simplement arrivés au bout du chemin, à la fin d’un cycle. Et le résultat peut être autant une renaissance qu’un âge sombre. Avec un peu de chance, cela nous mènera à quelque chose de mieux, une nouvelle société d’idées vertueuse qui naîtra des cendres de l’ancienne. Cet espoir est encore permis…