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On le sait tous, dans une situation d’effondrement, une alternative se pose. Soit on s’entraide pour essayer, ensemble, de surmonter l’épreuve, soit on bascule dans une logique de »loi de la jungle » où la raison du plus fort l’emporte et ceux qui sont les plus armés soumettent les plus faibles.

Que nous dit le syndrome haïtien ?

Haïti a été frappée en 2019 par une crise du carburant majeure avec des effets importants les 11 millions de citoyens du pays qui ne s’étaient pas encore remis de deux ouragans majeurs, Tomas et Matthew, d’un tremblement de terre et d’une grave sécheresse qui a compromis les ressources en eau de la nation insulaire. Tout cela au cours des 10 dernières années.  Cette crise du carburant a été la goutte qui a fait déborder le vase, provoquant une grave menace humanitaire sous fond de manifestations, de violence et de famine. Mais au-delà de ces causes, que s’est il passé au cours de ces derniers mois pour que le pays tombe dans le chaos et dans les mains de bandes organisées. 

Ce qu’il savoir sur la crise haïtienne pour ne pas le reproduire un jour en France (ou ailleurs)

L’Etat ne garantit plus la sécurité de ses citoyens. Depuis quelques années, le racket, les trafics et les règlements de compte empoisonnaient la vie de l’île mais l’Etat n’a pas su faire face. Ces dernières semaines, elle a atteint un paroxysme. Plus de 96 gangs ont mis Haïti en coupe réglée. Racket, trafic de drogue. Des centaines d’habitants à déjà quitté leur domicile pour se réfugier dans des lieux plus sûrs comme les cours de mairies.

L’aide humanitaire n’arrive plus. D’abord parce que la violence qui règne bloque l’activité des organisations humanitaires qui ne peuvent plus alimenter les civils en besoin de protection et de nécessités de base. Ensuite parce que le financement de l’aide humanitaire reste un problème en Haïti. Les estimations les plus récentes montrent que les plans de réponse humanitaire ne sont actuellement financés qu’à hauteur de 29%..

La faim frappe le pays. Et ce n’est pas uniquement lié aux problèmes de sécurité et acheminement de l’aide humanitaire que nous venons d’évoquer. Une part de cette famine naissante est attribuée aux effets du changement climatique. La sécheresse accélérée par les vents d’ El Niño a réduit les récoltes d’environ 15% en 2019 par rapport à l’année précédente. Conséquence : la hausse des prix des denrées alimentaires subi une inflation de presque 25%.

Les pénuries de carburant engendrent une rupture dans les approvisionnements y compris des services publics. Les hôpitaux, par exemple, ferment des services en raison de pénuries de gaz. 

Comment stopper l’hémorragie ?

Nous sommes dans un cercle vicieux d’insatisfaction, de privation, de désespoir et de violence qui découle de cette frustration qui s’auto alimente.

Il s’agit donc de casser cette logique en travaillant sur la prévention de la violence future et un soutien important aux plus vulnérable, en particulier aux enfants, pour garantir que la prochaine génération ne croit pas que la violence est la seule option possible. Il faut prioritairement rétablir avec autorité les fonctions régaliennes que sont l’éducation, la santé et la sécurité et pour le moment, l’Etat ne sait pas le faire.