La Terre se dirige vers un «point de basculement mondial» si la crise climatique continue sur sa trajectoire actuelle.

Un groupe de chercheurs, qui a publié un article dans la revue Nature, affirme qu’il existe de plus en plus de preuves suggérant que des changements irréversibles des systèmes environnementaux de la Terre sont déjà en cours et que nous sommes maintenant dans un « état d’urgence planétaire ».

Le point de basculement mondial intervient lorsque l’on dépasse le point de non-retour comme par exemple pour la perte de la forêt amazonienne. Un tel effondrement pourrait conduire à des conditions de «serre» qui rendraient certaines zones de la Terre inhabitables.

Les secteurs où le point de basculement est déjà atteint

La destruction de la forêt amazonienne, la réduction de la glace de mer de l’Arctique, la disparition à grande échelle des récifs coralliens, la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique occidental, la fonte du pergélisol, la déstabilisation des forêts boréales et un ralentissement de la circulation océanique sont les secteurs où le point de basculement est déjà atteint. Et ces événements qui sont interconnectés provoquent une « cascade » de crises.

Par exemple, l’Arctique se réchauffe et accélère la fonte de la glace de mer qui accentue le réchauffement qui entraîne alors une décongélation accrue du pergélisol arctique, ce qui libère du dioxyde de carbone et du méthane dans l’atmosphère.

Émissions et réchauffement climatique

L’idée du point de basculement climatique n’est pas nouvelle. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) des Nations Unies a introduit le concept il y a déjà 20 ans. À l’époque, l’ONU a suggéré qu’il ne se produirait que lorsque le réchauffement climatique dépasserait de 5 degrés Celsius les niveaux préindustriels. Mais les données des deux derniers rapports du GIEC en 2018 et septembre 2019 suggèrent que des points de basculement peuvent se produire entre 1 C et 2 C de réchauffement. Hors, les températures moyennes mondiales sont aujourd’hui supérieures d’environ 1 C à celles de l’ère préindustrielle et continuent d’augmenter !

Le temps presse

Alors que l’accord de Paris de 2015 a fixé comme objectif de limiter le réchauffement de la Terre à 1,5 degrés Celsius, un rapport de l’ONU de ce mois-ci indique que les promesses faites par les pays pour limiter la crise climatique sont loin d’être suffisantes pour conjurer des températures record. Le rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) 2019 sur les écarts d’émissions indique qu’au rythme actuel, les températures devraient augmenter de 3,2 ° C d’ici 2100. Les gaz à effet de serre ont atteint un niveau record en 2018 sans aucun signe de pic, selon un récent rapport de l’Organisation météorologique mondiale. Les niveaux de dioxyde de carbone ont explosé.

L’espoir n’est cependant pas perdu. Les chercheurs disent que l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre pourrait encore ralentir ces impacts climatiques. Ce qu’il faut, disent-ils, c’est une action internationale urgente pour réduire les émissions, ralentir l’élévation du niveau de la mer et maintenir le réchauffement à 1,5 C. La stabilité et la résilience de notre planète sont d’ores et déjà en péril. Mais ça, tout le monde le sait maintenant.