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Souvenez-vous, le 12 décembre 2015, 195 pays sur les 197 que reconnait l’ONU pays approuvaient l’accord de Paris sur le climat. Un accord qui était présenté comme durable, juste, équilibré et juridiquement contraignant et qui avait comme ambition de contenir le réchauffement planétaire en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels, d’ici la fin du siècle.

Au final, l’Accord de Paris a été ratifié par 168 pays, dont les 28 Etats membres de l’UE.

Dans la semaine, Trump a annoncé que les Etats-Unis sortaient de cet accord qu’il décrit« horrible, coûteux, unilatéral » . La notification formelle adressée à l’ONU signe le processus de retrait officiel qui sera effectif dans un an.

Une menace ?

De prime abord, cette décision apparaît comme une menace. Les Etats-Unis sont aujourd’hui le premier émetteur historique de gaz à effet de serre et premier producteur de pétrole et de gaz. Un rapport publié cette année par les procureurs généraux des États alertait sur le fait que le retrait de l’accord de Paris pourrait se traduire par une augmentation des émissions de carbone des États-Unis de plus de 200 millions de tonnes par an d’ici 2025. Alors, le réflexe est de dire : « quel c.., ce Trump, il n’a rien compris ! C’est de l’inconscience pure, un mauvais signal adressé à la planète »

Passé cette phase de sidération, on comprend un peu cette annonce même si l’on ne l’excuse pas:

  • 1- C’était une promesse de campagne : je fais ce que je dis et ce que je prometS
  • 2- Les élections se profilent et ce retrait porté par une logique « America first » a des visées clairement électoraliste
  • 3- Et c’est peut-être le plus grave, cet accord basé sur des déclarations d’intention et sans aucune mesure coercitive (pas d’amende, pas de mesure de rétorsion) est actuellement appliqué par seulement 16 pays dont aucun ressortissant de l’Union européenne. Et oui, la France pays moteur sur l’accord ne tient pas ses promesses. Seuls 3 pays du vieux continent européens ( Norvège, Monténégro et Macédoine) font office de bons élèves. Dès lors, peut-on reprocher à un pays de se retirer d’un accord que lui et les autres ne respectent pas ?

Beaucoup des pays engagés par cet accord ont présenté des « objectifs conditionnels » : accès à un financement, nécessité d’une coopération internationale… Ces conditions sont vagues et difficilement mesurables. Ils serait temps de passer aux choses sérieuses !

Ou une opportunité ?

Alors, ce retrait des Etats-unis est t-il une opportunité ? Va-t-il faire l’effet d’un électrochoc ? Va-t-il inciter les pays signataires de joindre les actes aux paroles et d’élever leurs ambitions en convertissant par exemple leurs engagements en objectifs d’émissions précis ?