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La génèse

Les vingt ans qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale ont été l’âge d’or du capitalisme. La logique du New Deal de Franklin Roosevelt a été projetée sur le reste de l’Ouest sous l’impulsion des accords de Bretton Woods qui ont dessiné les grandes lignes du système financier international mis en place après 1944. Leur objectif principal était de mettre en place une organisation monétaire mondiale et de favoriser la reconstruction et le développement économique des pays touchés par la guerre. En instituant des structures pour réguler le capital financier, ces accords empêchaient les banques de faire ce qu’elles voulaient. 

Le système de Bretton Woods qui reposait sur les États-Unis, pays excédentaire, recyclant ses richesses à travers l’Europe et le Japon a eu pour effet une réduction remarquable des inégalités, une croissance régulière, un taux de chômage faible et une inflation proche de zéro mais s’est avéré insoutenable dés le début des années 70, quand les États-Unis ont commencé à enregistrer des déficits commerciaux.  C’est à cette période que des institutions financières ont commencé à créer des produits dérivés, sortes de placements opaques, qui ont contribué à la crise financière de 2008. Cette forme d’ingénierie financière a généré d’énormes quantités d’argent privé dont la valeur s’est finalement effondrée comme un domino.

Les états en pompiers !

Les autorités ont immédiatement transféré les pertes résultant de cette crise sur les épaules des contribuables. Entre 2008 et fin 2012, la Commission européenne a approuvé pour 3600 milliards d’euros d’aides aux banques dont les contribuables européens ont couvert plus des deux tiers du coût. En somme, les banquiers récoltent les gains par beau temps tandis que les contribuables payent la facture dans la tourmente.

Depuis, des réglementations pour empêcher que l’on fasse appel aux contribuables ont vu le jour et chaque banque doit maintenant organiser sa liquidation.

Une société post-capitaliste

On est tous (ou presque) d’accord pour dire que notre système actuel est inéquitable, absurde, générateur d’inégalités et insoutenable. 

Un monde humaniste pourrait-il voir le jour ? À quoi cela ressemblerait-il ? Comment fonctionnerait-il ? 

Il nous faudra transformer en profondeur nos institutions et repenser nos organisations et systèmes de valeurs en centrant notre réflexion sur l’écologie, la solidarité et le bien-être (pour ne pas dire le bonheur). De nouvelles éthiques doivent nous guider :

  • De quoi avons-nous vraiment besoin ?
  • Que consommons-nous ? D’où cela vient-il ? Comment cela a-t-il été produit ?
  • Comment nous occupons-nous collectivement des biens communs ?
  • Comment préparons-nous un bel avenir aux générations futures ?

Permettre l’émergence d’un secteur non marchand de l’économie, constitué de coopératives et de mutuelles, élargir le secteur public pour fournir des services de base universels et un revenu de base à chacun, favoriser les circuits courts, légiférer pour casser les monopoles et décourager les modèles commerciaux de recherche de rente et de spéculation, encourager les solidarités intergénérationnelles… Voilà des leviers post-capitalistes !